Damas – Syrie | 26 octobre 2026

Une enquête publiée le 21 octobre 2026 par l'organisation ARIJ (Arab Reporters for Investigative Journalism) a révélé l'existence de campagnes en ligne coordonnées ayant ciblé des opposants, des journalistes et des militantes syriennes en 2025 et 2026. L'enquête met en cause des responsables des médias, tandis que certaines de ses conclusions ont été contestées.

L'enquête a été réalisée par les journalistes Nardine Al-Rawi et Sami Sabir, à partir de documents, de conversations numériques et de l'analyse de l'activité de comptes et de pages sur les réseaux sociaux.

Plus de 8 000 comptes passés au crible

L'équipe d'enquête a suivi plus de 8 000 comptes et analysé les interactions de plus de 40 comptes et pages. Elle a documenté trois cas de ciblage et relevé plus de 1 300 interactions sur une seule publication.

L'enquête conclut à l'existence de schémas d'activité en ligne coordonnée. Selon les conclusions des deux journalistes, ces activités visaient à attaquer des personnalités de l'opposition, à porter atteinte à la réputation de militantes et de journalistes syriennes et à influencer le débat public.

Des groupes WhatsApp fermés aux pages publiques

Selon les documents présentés dans l'enquête, une partie de cette coordination a commencé au sein d'un groupe WhatsApp coadministré par des responsables des médias, avant que les messages et les communiqués ne soient relayés sur des pages publiques des réseaux sociaux.

L'enquête porte notamment sur une campagne visant un sit-in à Damas pour les conditions de vie et les droits, le 17 avril 2026.

Des conversations publiées dans le cadre de l'enquête montrent une coordination pour rédiger un communiqué hostile au sit-in et le diffuser par l'intermédiaire de plusieurs comptes et pages. Cette diffusion a coïncidé avec l'activité de comptes qui avaient jusque-là peu d'interactions.

Des responsables des médias cités dans l'enquête

L'enquête cite des noms de responsables et d'employés des médias, dont Fadi Shabat, chef du département des médias numériques à la direction de l'Information de la campagne de Damas, dans la présentation des conversations relatives à la coordination des messages et des campagnes.

Fadi Shabat a nié que son département gère des faux comptes ou reçoive des instructions officielles pour orienter l'opinion publique. Il affirme que ses contributions au sein des groupes numériques reflètent ses opinions personnelles.

Opposants, journalistes et militantes ciblés

L'enquête a documenté trois cas de ciblage. Elle montre comment des accusations et des messages passent de groupes restreints à des pages publiques, et les campagnes de diffamation et pressions qui peuvent en découler pour les personnes visées.

Ces conclusions soulèvent de sérieuses questions sur la transparence des médias, la liberté d'expression et les limites de l'usage de l'influence institutionnelle pour façonner l'opinion publique.

⚖️ Précision juridique et éditoriale

Les conclusions et accusations rapportées sont attribuées à l'enquête d'ARIJ. Elles ne constituent pas des décisions de justice établissant que les personnes citées ont commis des infractions ou géré de faux comptes. Ces conclusions ne sauraient non plus être généralisées à l'ensemble des employés des institutions médiatiques syriennes.

L'enquête originale : https://arij.net/investigations/syria-coordinated-campaigns-targeting-activists/

Enquête réalisée par : Nardine Al-Rawi et Sami Sabir.

Source : ARIJ, organisation de journalisme d'investigation.

HANZALA Digital Media L'information n'est pas une opinion

#سوريا #دمشق #تحقيق_استقصائي #الحملات_الإلكترونية #حرية_التعبير